« Je n’arrive pas bien à expliquer pourquoi j’ai confiance.«

Emmanuel Vitria est un homme français né le 24 janvier 1920 à Marseille. Il est représentant commercial dans le milieu viticole et possède une histoire extraordinaire. En effet ce qui fait sa particularité c’est le fait qu’il soit mort le 27 novembre 1967, mais ramené à la vie grâce à une greffe d’organe. Nous vous présentons donc aujourd’hui l’histoire extraordinaire de cet homme, un véritable miracle de la médecine moderne.
Le contexte périlleux de l’opération

Le 27 novembre 1968 Emmanuel Vitria, 48 ans, commercial viticole est hospitalisé d’urgence au centre cardiologique Cantini de Marseille. Victime d’une rupture d’anévrisme au niveau du cœur, celui-ci s’est presque arrêté de battre. À cette époque, ce type de blessure ne donne pas beaucoup d’espoir quant aux chances de s’en sortir. En effet, la première transplantation cardiaque réussie a eu lieu en décembre 1967, au Cap, en Afrique du sud, c’est-à-dire un an seulement avant le drame. L’auteur de cette première transplantation est le docteur Christiaan Barnard, et son patient n’a survécu que 56 heures. En France, cette opération n’a été réalisé que trois fois au moment de l’accident d’Emmanuel Vitria, et aucun n’a survécu plus d’une semaine à la greffe. Cependant, le premier motif d’espoir pour Emmanuel et sa famille, est la disponibilité d’un cœur, celui d’un soldat marseillais de 23 ans, décédé le même jour dans un accident de la route. Le donneur étant compatible physiologiquement avec le patient, le professeur Edmond Henry et son équipe décident de tenter l’opération.
Déroulement de l’opération, une réussite totale

L’opération fut donc menée par le chirurgien cardio-vasculaire français Edmond Henry et son équipe, les professeurs Yves Baille et Jean-Raoul Monthiès. La femme du patient parait étonnamment confiante juste avant l’opération, ce qui renforce la symbolique de cette histoire, elle déclara en effet : « Je n’arrive pas bien à expliquer pourquoi j’ai confiance ». L’opération dura plusieurs heures, et à la fin de celle-ci, Emmanuel Vitria devint le quatrième greffé du cœur français à survivre à son opération. Il resta plus d’une semaine en observation, maintenue dans un coma artificiel, mais à la surprise des chirurgiens, le cœur ne présentât aucun problème. Une semaine après l’opération, Emmanuel Vitria fut réveillé, vivant, et en pleine santé.
Un symbole pour tous les malades
Le fait qu’Emmanuel Vitria survive une semaine étant déjà une prouesse médicale incroyable, un record en France. Cela a poussé le patient sur le devant de la scène médiatique dès son réveil, et il ne la quitta plus durant le restant de sa vie. En effet, il eut une interview directement depuis son lit d’hôpital où il déclara en toute simplicité à propos de son opération « Eh bien je suis drôlement enchanté. ». Par la suite, Emmanuel devint la véritable égérie des campagnes de dons d’organes en France, faisant la promotion de la greffe, notamment à travers son livre : Je vis avec le cœur d’un autre. Il est également un symbole d’espoir et de courage pour tous les malades en attente de greffes.

Greffe d’organe, la préoccupation de tous
Emmanuel Vitria est décédé le 11 mai 1987, 19 ans après sa greffe, à 67 ans d’un cancer du poumon, le cœur intact. C’est la personne ayant vécu le plus longtemps sans son propre cœur jusqu’au milieu des années 1990. Il restera dans l’imaginaire collectif comme un miracle de la médecine moderne et un symbole de la sensibilisation du don d’organes. Aujourd’hui, près de 6 000 greffes d’organes sont réalisées chaque année en France.L.T.
Pour en savoir plus sur les greffes du coeur nous vous invitons à consulter l’article de Neo Sciences : Transplantation cardiaque.
Pour entendre Emmanuel Vitria : Son dialogue avec sa femme